Pénurie de carburant à Brazzaville : pourquoi ça dure et comment s’adapter
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Pénurie de carburant à Brazzaville : pourquoi ça dure et comment s’adapter

21 mai 2026 ExpatBrazza

Un problème récurrent, une crise qui s'aggrave

Si vous vivez à Brazzaville ou à Pointe-Noire, vous l'avez forcément remarqué : les files de voitures devant les stations-service s'allongent chaque jour un peu plus. En cette mi-mai 2026, la pénurie de carburant est telle que certains automobilistes passent la nuit dans leur véhicule pour espérer remplir leur réservoir au petit matin.

Le scénario n'est pas nouveau. Depuis plusieurs années, les stations sont régulièrement à sec. Mais cette fois, la situation semble plus grave, et les conséquences se font sentir à tous les niveaux : transports, courses, rendez-vous professionnels… Rien n'est épargné.

Alors, pourquoi cette pénurie dure-t-elle ? Et surtout, comment continuer à se déplacer sans se ruiner ?

Pourquoi cette pénurie ?

Plusieurs facteurs s'additionnent pour créer une tempête parfaite.

La raffinerie CORAF ne suffit pas

La Congolaise de Raffinage (CORAF), la seule raffinerie du pays, ne couvre qu'environ 60 % des besoins de la population. Elle produit trop de fioul lourd – peu utilisé – et pas assez d'essence ni de gasoil. La faute à un pétrole brut local difficile à transformer.

Le train ne suit plus

Quand la raffinerie produit, encore faut-il acheminer le carburant de Pointe-Noire à Brazzaville. Le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) est souvent bloqué : grèves des cheminots pour des salaires impayés, voies dégradées… Résultat, les cuves des stations de la capitale restent vides.

Les prix mondiaux s'en mêlent

Le gouvernement pointe aussi la crise au Moyen-Orient (blocage du détroit d'Ormuz) qui perturbe les importations mondiales. Les produits pétroliers coûtent plus cher, et la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) manque de liquidités pour acheter le complément nécessaire à l'étranger.

La fin des subventions

Sous la pression du FMI, le gouvernement a progressivement supprimé les subventions sur le carburant. Cette décision a réduit les capacités financières de la CORAF, qui peine à maintenir ses approvisionnements.

La vie quotidienne bouleversée

Dans les rues de Brazzaville, les témoignages s'accumulent.

« Je suis arrivé à 4 heures du matin devant la station. À 10 heures, je n'étais toujours pas servi. »

Les bus et taxis sont de plus en plus rares, les arrêts sont bondés. Des élèves et des fonctionnaires « éprouvent de grosses difficultés » pour rejoindre leur école ou leur lieu de travail.

Et quand on trouve un taxi, le prix a doublé. Un usager résume : « Chacun fait son prix. On n'a pas le choix, on s'adapte. »

Le marché noir explose : les fameux « Kadhafi »

Quand les stations sont à sec, les vendeurs de rue prennent le relais. On les appelle les « Kadhafi ». Ils proposent de l'essence à la sauvette, dans des bidons.

Le prix ? 1 300 à 2 000 FCFA le litre, contre 775 FCFA à la pompe. Soit une augmentation de plus de 68 %. Et la qualité n'est pas toujours au rendez-vous : une partie de ce carburant serait importée illégalement de Kinshasa et pourrait endommager les moteurs.

Certains pompistes sont même soupçonnés de complicité : plutôt que de servir les automobilistes, ils préféreraient vendre directement aux revendeurs contre des pots-de-vin.

Ce que font les autorités

Le gouvernement tente plusieurs pistes :

  • Importer via Kinshasa : du carburant est acheminé depuis la RDC voisine. Le coût de passage est élevé, ce qui renchérit le prix final.
  • Autoriser les privés : TotalEnergies, Puma Energy, X-OIL et AOGC ont été exceptionnellement autorisés à importer du carburant pour soulager le marché.
  • Une nouvelle raffinerie en projet : une unité d'une capacité de 1 200 000 tonnes par an est annoncée. Mais ce projet prendra du temps avant de produire ses premiers litres.

5 conseils pour faire face à la pénurie

  1. Anticipez : n'attendez pas d'être sur la réserve. Faites le plein dès que vous trouvez une station approvisionnée.
  2. Repérez les stations fiables : les grandes enseignes (TotalEnergies, Puma Energy) sont parfois livrées en priorité. Suivez les réseaux sociaux pour savoir où livrer.
  3. Évitez le marché noir si possible : le carburant de rue est cher et peut endommager votre moteur.
  4. Pensez au covoiturage : partagez les trajets avec vos voisins ou collègues. C'est économique et ça réduit la file d'attente.
  5. Restez informé : RFI, les radios locales et les groupes WhatsApp donnent souvent des alertes sur les livraisons attendues.

Cette situation n'est pas une fatalité. En attendant une solution durable, un peu d'organisation peut vous aider à continuer à vivre normalement. Et si vous cherchez un véhicule plus économe ou un deux-roues pour esquiver les files, pensez à consulter les annonces sur ExpatBrazza !

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